Aliss – Patrick Senécal

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Sortie : le 11 mai 2017

C’est avec « Aliss » de Patrick Senécal que je découvre l’univers de l’auteur. Je tiens à remercier Fleuve éditions d’avoir publié ce roman particulièrement réussi. Patrick Senécal revisite l’histoire d’Alice aux pays des merveilles dans une version contemporaine, initiatique et gothique. Âmes sensibles s’abstenir !

Un roman initiatique sulfureux

Je dois dire que ce roman m’a scotché ! J’ai tout de suite aimé le personnage d’Alice, adolescente intelligente mais rebelle, s’ennuyant, se rêvant un autre avenir que celui déjà tracé dans sa ville de province. Alice décide de partir à Montréal avec ses économies pour pouvoir vivre intensément sa vie et se faire ses propres expériences. Par un concours de circonstances, Alice débarque dans un quartier où vivent des individus pour le moins excentriques. Elle change son prénom en « Aliss » synonyme pour elle d’une nouvelle naissance.

Aliss fait la rencontre d’individus bizarres dans son quartier ou dans des clubs. Ceux-ci sont adeptes de diverses pratiques ou plaisirs comme la drogue, le strip-tease, le sexe, le sadomasochisme voire la torture. Certaines choses choquent la conscience d’Aliss qui trouve que ces personnes dépassent les limites. Beaucoup de ces gens gravitent autour du Palais de la Reine Rouge que convoite la jeune Aliss. Celle-ci souhaite absolument trouver le moyen d’entrer dans ce Palais très privé.

Aliss se fait vite des amis qui l’aident dans sa quête. Elle change de métier, franchie des étapes nécessaires pour se rapprocher de son but. Mais Aliss se questionne sur son futur et est en recherche de réponses. Qui pourra réellement l’aider ?

Ce parcours initiatique d’Aliss se laisse lire avec plaisir et peur mêlés. Celle-ci prend des risques qui ne sont pas sans conséquences. Jusqu’où ira-t-elle ? Ce voyage sera-t-il sans retour ?

Les personnages féminins m’ont beaucoup plu car ils possèdent des caractères forts. Ces femmes exercent un pouvoir sur leurs semblables, que ce soit la dénommée Andromaque ou La Reine Rouge. Les hommes dans ce roman ne sont que des serviteurs ou des gens accros à leurs fantasmes.

Malgré tout ce que traverse Aliss, on est obligé d’être en empathie avec elle. C’est une héroïne des temps modernes qui vie des aventures hors-normes. L’auteur, Patrick Senécal, sait nous embarquer dans son histoire et nous tenir en haleine jusqu’à la fin.

Ayant bien aimé ce conte moderne, je suis prêt à récidiver et à lire d’autres œuvres de Patrick Senécal comme « Le Vide » ou « Hell.com ». Et vous, chez lecteurs, oserez-vous basculer de l’autre côté du miroir en lisant les aventures d’Aliss ?

4ème de Couv’

Alice a dix-huit ans. Curieuse, intelligente et fonceuse, elle décide un jour de quitter sa province pour s’installer à Montréal. La métropole. La ville de tous les possibles.

À son arrivée, suite à une rencontre inattendue, Alice débarque dans un quartier peuplé d’excentriques. Comme Charles, mathématicien dandy et tourmenté ; Verrue, fumeur de joints et amateur de chansons populaires ; Andromaque, poétesse et tenancière d’un club de strip-tease un peu  » spécial  » ; ou les inquiétants Bone et Chair, fascinés par la torture.Alice mord la vie à pleines dents, prête à tout pour entrer dans le mystérieux Palais, où les hôtes privilégiés de la Reine Rouge se réunissent pour laisser libre cours à leurs fantasmes les plus extravagants, ou les plus cruels…

BIOGRAPHIE

Patrick-Senecal_9515Né au Québec en 1967, Patrick Senécal a ouvert une voie à part dans le monde du thriller. Il s’est ainsi acquis un public fidèle au Canada, où ses livres sont des best-sellers.

Un succès couronné en France du Prix Masterton du meilleur roman fantastique pour Sur le seuil, et au Canada du Prix Boréal du meilleur livre pour Aliss, son troisième roman publié chez Fleuve Éditions, après Le Vide (2015) et Hell.com (2016).

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Jusqu’à l’impensable – Michael Connelly

 

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Sortie : le 5 avril 2017

Je découvre l’univers de Michael Connelly avec son dernier opus « Jusqu’à l’impensable ». Merci aux éditions Calmann-Lévy pour ce polar qui s’est révélé être un très bon cru. L’auteur nous offre une enquête minutieuse permettant l’éclosion de la vérité.

Bosch de l’autre côté du miroir ?

Harry Bosch, retraité du LAPD malgré lui, tente de tuer le temps en remontant une vieille Harley lorsque Mickey Haller, son demi-frère avocat de la défense, lui demande de l’aide. Il ne voit en effet que Bosch pour l’aider à innocenter Da Quan Foster, un ex-membre de gang accusé d’avoir battu à mort la directrice adjointe des services municipaux de West Hollywood. Même si la preuve est accablante, Haller en est sûr, son client est innocent. Dilemme pour Harry ! Passer du côté de la défense quand on a travaillé avec passion pour la police de Los Angeles toute sa vie ? Tout simplement impensable. Comment défendre un assassin quand on a passé sa vie à en expédier le maximum en prison ?

Un polar qui s’attache aux détails

Désormais à la retraite forcée, Harry Bosch va accepter, exceptionnellement, de rejoindre le camp de son demi-frère et avocat de la défense, Mickey Haller. Mais plus question d’utiliser les prérogatives d’un flic. De plus, Bosch est dans l’obligation d’essayer de trouver des failles dans une enquête menée précédemment par des anciens collègues. Bosch est vite considéré comme un traître vis-à-vis des flics toujours en fonction.

Dans ce dernier opus “Jusqu’à l’impensable”, Michael Connelly nous propose une enquête à la manière du polar à énigme puisque l’écrivain fait reposer son enquête sur un seul et maigre indice. De plus, Connelly nous offre simultanément deux points de vue opposés sur l’enquête de Harry Bosch, celui de la défense et de l’accusation lors d’un procès.

L’intrigue est soignée, logique, avec un attention particulière attachée aux détails. Le scénario est bien construit, l’écriture est assez conventionnelle. On voit que l’auteur connaît très bien les rouages de la police de Los Angeles ainsi que ceux de la justice américaine.

Lorsque Bosch a trouvé le fameux indice qui doit relier des évènements sans lien apparent, il suit le fil et arrive à échafauder une théorie complexe.

Ce sont les personnages qui ont la part belle dans cette intrigue. D’abord Harry Bosch, flic incorruptible, vivant seul avec sa fille adolescente. Puis Mickey Haller, demi-frère de Harry et avocat de la défense, prêt à tout pour sauver ses clients même s’ils ont un passé chargé. Les dialogues entre ces deux là valent le détour. Faut-il franchir la ligne jaune pour innocenter quelqu’un ? Enfin, les relations entre Harry Bosch et les femmes sont intéressantes.

Ce polar prend son temps pour résoudre cette enquête car il nous apporte beaucoup d’éléments. Une fois l’enquête sur les rails, Harry Bosch devra se méfier d’individus prêts à tout pour conserver leur pouvoir et leurs avantages. A trop vouloir mettre le nez dans leurs affaires, Bosch sait qu’il risque d’y laisser la vie. En effet, ces gens ont la gâchette facile et n’hésitent pas à éliminer les témoins gênants pouvant les dénoncer.

Le procès de Da Quan Foster, ex-membre de gang, doit avoir lieu bientôt et Bosch doit trouver des preuves irréfutables. Au dernier tiers du livre, l’histoire s’accélère et la tension est palpable. Harry Bosch doit agir vite. Le procès qui s’en suit est mémorable et même jubilatoire. J’ai beaucoup aimé son déroulement.

En conclusion, ce polar de Michael Connelly mérite le détour. Il m’a fait découvrir un Harry Bosch attachant et toute une galerie de personnages. Des rebondissements inattendus pimentent cette intrigue jusqu’au final. Voilà un polar qui vous détendra à coup sûr !

BIOGRAPHIE

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Michael Connelly est l’un des écrivains les plus lus au monde. Auteur, entre autres ouvrages, de Créance de sang, Le Poète, La Défense Lincoln, Volte-Face, Ceux qui tombent et Dans la ville en feu.

Père de Harry Bosch, auteur du best-seller Le Poète, Michael Connelly a vendu plus de 60 millions de livres dans le monde. Deux de ses romans ont été adaptés au cinéma et la saison 4 de la série télévisée Bosch est déjà en préparation.

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Le jour du chien – Patrick Bauwen

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Sortie : le 29 mars 2017

Je remercie les éditions Albin Michel de m’avoir permis de découvrir Patrick Bauwen par son dernier thriller « Le jour du Chien ». Ce fut une excellente lecture. Un thriller qui m’a happé pour ne plus me lâcher jusqu’au final. Quel génie ce Bauwen !

L’HISTOIRE

Paris. Après une journée exténuante, Christian Kovak, médecin urgentiste, rentre chez lui par le métro. Peu de gens dans son compartiment. Coupure d’électricité dans la rame qui s’arrête entre deux stations. Deux loubards s’approchent et menacent une jeune femme tout en la filmant avec leur téléphone portable. La scène est filmée en direct et visible en live sur internet. Kovak veut s’interposer mais un des caïds sort un flingue et fait feu sur lui. Kovak est blessé à l’épaule. Les deux loubards s’enfuient alors par les portes.

Après visionnage de la vidéo diffusée sur internet, Kovak n’en croie pas ses yeux ! Il aperçoit parmi les voyageurs une femme qui ressemble à Djeen, sa femme. Sauf que Djeen est décédée trois ans plus tôt, jetée sur les rails du métro.

Je n’en dirais pas plus pour ne pas gâcher le suspense…

MON AVIS

Patrick Bauwen nous offre un thriller hallucinant. Il installe un climat sombre où la tension est palpable. Beaucoup de choses inimaginables se passent sous terre, entre le métro et ses catacombes. Un tueur rode, cherchant une proie. Le monde souterrain est son domaine. Il est libre de faire ce qu’il veut. Et il ne va pas s’en priver.

L’angoisse est là, la peur suinte. J’ai redouté le pire pour Christian Kovak qui cherche des réponses. Le monde souterrain pourrait devenir son tombeau. Sous terre, Kovak va découvrir une vie parallèle, de nouvelles règles. De nouveaux personnages entreront en action pour son bien ou pour son malheur.

Le rythme de l’histoire est rapide grâce à des chapitres courts. L’écriture est fluide et addictive. Des rebondissements vous tiendront en haleine. Certains personnages m’ont touché par leur force ou leur innocence. J’ai eu peur pour leur vie.

Ne pensez pas que l’intrigue soit simple. Elle se complexifie lorsque vous penser la comprendre.  Telle une araignée qui étend sa toile, l’histoire se densifie et offre d’autres pistes à suivre. L’auteur sait nous manipuler à notre insu et nous offre un final bluffant.

Je vous recommande vivement ce thriller. Il est impossible à lâcher une fois commencé et dur à quitter une fois terminé car on en redemande ! Une lecture surprenante et captivante !

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Les ténèbres sont mon domaine. Le métro, ma cité des morts. La souffrance de mes victimes, mon plaisir. Je suis le Chien. Inquisiteur ou Guerrier Saint, comme vous voudrez. Dieu est avec moi. Djeen, je croyais l’avoir tuée. C’était il y a trois ans. Déchiquetée par les roues du métro. Et voilà qu’elle me menace… Je dois la retrouver avant que Kovak ne le fasse. Et ce jour-là signera l’apogée du mal. Sur les traces d’un tueur psychopathe, dans un Paris souterrain plus hallucinant que l’Enfer, le nouveau thriller de Patrick Bauwen, un des maîtres du genre depuis L’Oeil de Caine.

BIOGRAPHIE

bauwenPatrick Bauwen dirige un service d’urgence dans un hôpital de la région parisienne. Il partage sa vie entre ses deux passions : l’écriture et la médecine d’urgence.

L’Œil de Caine (2007, 40 000 exemplaires vendus en librairie), a obtenu le prix Polar des lecteurs du Livre de Poche et le Prix Carrefour du 1er roman, Monster (2009), le prix Maison de la Presse, et Seul à savoir (2010) a reçu le prix Littré.

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Tu tueras l’ange – Sandrone Dazieri

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Sortie : le 18 mai 2017

Après avoir lu « Tu tueras le père » de Sandrone Dazieri qui fut un coup de cœur, j’ai achevé la lecture de son second opus « Tu tueras l’ange ». Il faut savoir que l’auteur a souhaité faire une trilogie avec les personnages de Dante Torre et Colomba Caselli. Les enquêtes des deux thrillers parus sont indépendantes mais il y a un fil rouge : l’histoire et la vie passée de Dante est dévoilée au fur et à mesure.

Ce nouveau thriller de Sandrone Dazieri est un très bon cru. Il débute avec une nouvelle enquête explosive impliquant un TGV arrivant à Rome ! Colomba est dépêchée sur place pour constater les dégâts. Elle appelle son ami Dante pour l’aider dans ses recherches. Le tandem Colomba/Dante se reforme pour notre plus grand plaisir !

L’HISTOIRE

La mort rôde, aussi belle que fatale. Serez-vous sa prochaine victime ?

Lorsque le TGV Milan-Rome arrive à quai, la police fait une macabre découverte : tous les passagers de la classe affaires sont morts.

Si les premiers indices orientent l’enquête vers un attentat, la commissaire adjointe Colomba Caselli, muscles d’acier et âme fragile, a de sérieux doutes. Pour elle, seul Dante Torre, « l’Homme du Silo », est capable d’y voir clair dans ce brouillard de mensonges et de fausses pistes.

Très vite, ils découvrent que ce massacre n’est que l’énième épisode d’une longue série de carnages, sur laquelle plane l’ombre d’une mystérieuse figure féminine. Elle ne laisse aucune trace, juste un nom : Giltiné, l’ange lituanien des morts.

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MON AVIS

Contrairement au thriller « Tu tueras le père », entièrement centré sur le personnage de Dante Torre, « Tu tueras l’ange » souhaite nous raconter une autre histoire, celle d’une tueuse mystérieuse nommée Giltiné, l’ange des morts. De nombreux meurtres et massacres semblent lui être attribués. Mais pourquoi tue-t-elle tant de personnes ? Dans quel but ?

Colomba et Dante auront fort à faire pour démêler le vrai du faux dans ces différents massacres perpétrés sur le territoire italien. Heureusement que Dante possède certains dons hérités de son enfermement passé. En effet, il sait quand une personne ment et peut détecter des micro-mouvements invisibles au commun des mortels. Il est un peu mentaliste. Un peu autiste, il échafaude des théories sur la seule base d’un indice ou de son intuition. Dante peut aussi compter sur l’aide de son ami Santiago, un hacker hors pair.

Le plus dur pour Dante sera de convaincre Colomba de la véracité de ses théories car celle-ci veut des preuves. Pour le suivre dans ses recherches, Colomba devra faire confiance à son ami et surtout prendre de gros risques. Beaucoup d’infractions au règlement de la police judiciaire seront commises. Colomba suivra-t-elle Dante dans ses projets quitte à perdre son insigne et son poste d’enquêtrice ?

Mais une course contre la montre va s’engager pour trouver des indices susceptibles de stopper cette mystérieuse tueuse avant qu’un autre carnage voit le jour. Arriveront-ils à temps ?

Les personnalités antagonistes de Dante et Colomba sont très bien développées et je me suis attaché à leurs caractères. Entre un Dante fonceur et intuitif et une Colomba réfléchie et rationnelle, ce n’est pas gagner ! Tous les deux ont des failles psychiques importantes qu’ils doivent apprendre à gérer. Certaines phobies ou des attaques de panique peuvent les paralyser au mauvais moment.

Il y a beaucoup de recherches et d’investigations dans ce thriller. Pour moi, le gros du suspense et de l’action se reporte sur le dernier tiers du livre. Et là, vous aurez votre dose d’adrénaline et la tension montera en flèche.

Pour être honnête, ce second opus m’a semblé plus conventionnel. Une très bonne enquête sur les agissements d’un nouveau personnage féminin et moins de révélations sur Dante. Mais rassurez-vous, le final vous comblera et Dante aura enfin des réponses à ses questions.

En conclusion, un bon thriller qui fait avancer l’histoire personnelle de Dante mais qui m’a laissé sur un cliffanger. Il me tarde donc d’avoir entre les mains le troisième volet de cette trilogie pour connaître le fin mot de l’histoire.

BIOGRAPHIE

Sandrone-Dazieri3Sandrone Dazieri est né à Crémone en 1964. À ses débuts, il exerce divers métiers avant de devenir journaliste spécialisé dans la contre-culture et la fiction de genre. De 2001 à 2004, il se fait connaître en France par une trilogie noire encensée par la critique : Sandrone & Associé. Scénariste de séries à succès pour la télévision depuis dix ans, il a également dirigé la collection des romans policiers chez Mondadori. Il revient en force avec Tu tueras le Père. « Meilleur thriller de l’année 2014 » selon Il Corriere della Sera, déjà vendu dans dix pays, ce livre est un véritable best-seller en Italie, en Allemagne et bientôt dans le monde entier. L’auteur vit à Milan.

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Tu tueras le Père – Sandrone Dazieri

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Sortie : le 8 octobre 2015

Avant toute chose, je dois vous dire que ce thriller « Tu tueras le père » de Sandrone Dazieri a été pour moi un électrochoc, un énorme coup de cœur ! Peu de livres m’ont tenu en haleine pendant plus de 600 pages ! C’est un exploit de pouvoir renouveler l’intérêt du lecteur par des révélations et des rebondissements réguliers et de tenir la distance jusqu’au final !

L’HISTOIRE

Non loin de Rome, un homme affolé tente d’arrêter les voitures. Son fils de huit ans a disparu et le corps de sa femme gît, décapité, au fond d’une clairière.

Le commissaire Colomba Caselli ne croit pas à l’hypothèse du drame familial et fait appel à un expert en disparition de personnes : Dante Torre. Kidnappé enfant, il a grandi seul  enfermé dans un silo à grains avant de parvenir à s’échapper. Pendant des années, son seul contact avec l’extérieur a été son mystérieux geôlier qu’il appelle « le Père ».

Colomba va le confronter à son pire cauchemar : dans cette affaire, Dante reconnaît la signature de ce Père jamais identifié, jamais arrêté…

MON AVIS

Cette histoire de séquestration d’enfant est traitée de manière originale et est très prenante. J’ai été en empathie totale avec Dante Torre, ce garçon enlevé à sa famille et j’ai traversé avec lui les privations qu’il a dû endurer de la part du « Père ». L’enquête qui suit tient ses promesses et m’a emmené loin de mes certitudes.

Ce thriller est construit magnifiquement. Il alterne les flashbacks, les révélations et rebondissements de l’enquête, les courses poursuites qui font monter la tension et notre taux d’adrénaline.

Les personnages de Dante Torre et Colomba Caselli sont exceptionnels car ils sont humains avant tout. Ceux-ci traînent leur lourd passé avec eux et cherchent une solution pour mieux le vivre.

Dante Torre est claustrophobe, agoraphobe et ne supporte pas les espaces fermés comme les ascenseurs et même les appartements. Il prend des cocktails de médicaments pour affronter ses peurs.

Le commissaire Colomba Caselli a elle aussi ses peurs. Elle doit se remettre d’un évènement traumatisant qu’elle nomme « le désastre ». Elle est d’ailleurs en disponibilité professionnelle et pense même à démissionner de la police. Mais son supérieur Rovere la persuade de prendre cette enquête sur la disparition d’un garçon de huit ans et de s’adjoindre l’aide de Dante Torre.

Cette intrigue est menée d’une main de maître par l’auteur qui m’a époustouflé plus d’une fois en faisant coïncider des faits historiques avec l’histoire de Dante Torre. Les flashbacks sur le passé de Dante m’ont montré l’ambiance oppressante qui régnait dans ce silo.

Je n’ai jamais vu autant d’événements différents se produire dans une seule histoire. Et tous ces évènements ont un sens et un lien avec l’intrigue principale. Chapeau bas Monsieur Sandrone Dazieri !

Vous l’avez compris, ce thriller est une pépite incontournable qui vous fera passer par toutes les émotions possibles et imaginables pour votre plus grand plaisir ! Un méga coup de cœur ! A lire d’urgence !

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BIOGRAPHIE

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Sandrone Dazieri est né à Crémone en 1964. À ses débuts, il exerce divers métiers avant de devenir journaliste spécialisé dans la contre-culture et la fiction de genre. De 2001 à 2004, il se fait connaître en France par une trilogie noire encensée par la critique : Sandrone & Associé. Scénariste de séries à succès pour la télévision depuis dix ans, il a également dirigé la collection des romans policiers chez Mondadori. Il revient en force avec Tu tueras le Père. « Meilleur thriller de l’année 2014 » selon Il Corriere della Sera, déjà vendu dans dix pays, ce livre est un véritable best-seller en Italie, en Allemagne et bientôt dans le monde entier. L’auteur vit à Milan.

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Je m’appelle Birdy – Franco Mannara

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Sortie : le 8 mars 2017

« Je m’appelle Birdy » de Franco Mannara est un OVNI ! Un polar No Limit prêt à vous décoller la pulpe du fond ! Un bouquin rock, trash et sans concession. Ce polar contient des scènes choquantes à caractère sexuel qui dévoilent la perversité de l’être humain ainsi que son besoin de domination voire de destruction. Vous voilà prévenus !

L’HISTOIRE

Paolo, acculé par des dettes contractées auprès de personnes peu recommandables doit trouver une solution pour rembourser. Son réseau d’amis lui trouve un boulot de détective privé : il doit suivre Birdy, une adolescente issue d’un milieu huppé, qui a rejoint un groupe de squatteurs.

Dans le même temps, dans les soirées parisiennes ou les concerts fréquentés par des jeunes, une nouvelle pilule bleue apparaît et fait des ravages. Certains jeunes trouvent la mort à cause de cette pilule alors que d’autres s’en sortent. Pourquoi ? Une nouvelle roulette russe ?

Dans ces soirées, Paolo suit Birdy dans des bars mais aussi dans des lieux mystérieux. Suite à l’alerte sur cette pilule bleue, l’inspecteur Ibanez enquête…

MON AVIS

Pour un premier polar, Franco Mannara frappe fort !  Il nous entraîne dans le milieu du rock underground qu’il connaît bien, entre concerts et soirées parisiennes. Son héros, Paolo, guitariste dans un groupe rock, est adepte de ces soirées et n’est pas contre l’absorption de pilules diverses et variées qui le désinhibent et le déconnectent de la réalité. Sex drugs and rock’n roll !

Je me suis attaché à cette fille, Birdy,  qui fait des choses que personne ne voudrait faire. Pourquoi ? Cette fille doit avoir un lourd passé. Pourtant, Birdy est une ado avec un caractère fort.

Dans ce polar, j’ai croisé des manipulateurs, des profiteurs, des prédateurs prêts à tout pour assouvirent leurs fantasmes ou leurs projets déviants. Entre groupuscules racistes ou sectaires, la violence ou l’emprise sur les êtres humains est partout. Tout est bon pour avoir du pouvoir sur les autres, quelque soit les moyens employés. Le côté sombre et sadique de certains êtres est décrit sans censure.

L’intrigue tient bien la route et ouvre plusieurs pistes. J’ai aimé suivre les personnages de Paolo et d’Ibanez qui ont aussi des failles. J’ai eu peur pour Birdy mais aussi pour d’autres personnages qui prennent des risques. Tous n’en sortiront pas vivants, je vous l’assure.

Le style de l’auteur est fluide, poétique et musical. Il se rapproche de l’univers de Virginie Despentes. Franco Mannara dénonce les travers de notre société. Il y a les prédateurs et les moutons. Le monde de la nuit est attirant. Profitez bien mais n’y laissez pas votre vie !

En conclusion, ce polar, par son côté original et déjanté, m’a pris aux tripes. Une fois plongé dans l’histoire, j’ai voulu connaître la suite et surtout la fin. Cette intrigue est addictive et tient ses promesses. Laissez-vous tenter par ce voyage !

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ÊTES-VOUS PRÊT À JOUER À LA ROULETTE RUSSE ?

ÂMES SENSIBLES S’ABSTENIR

 Paolo, guitariste underground, fait de la filature pour un détective privé. Sa mission : suivre Birdy, jeune femme en péril qui a fui son milieu huppé pour vivre avec des squatteurs.

 Au même moment, une crise sanitaire éclate. Des douzaines de jeunes meurent après avoir consommé une nouvelle pilule bleue, sorte de « roulette russe chimique » qui fait fureur dans la nuit parisienne. L’inspecteur Ibanez est chargé de l’enquête.

Birdy est-elle liée à cette dérive macabre ? Comment stopper cette drogue qui cible les moins de trente ans ? Des bas-fonds de Paris aux salles de répèt, Je m’appelle Birdy est un polar toxique. Un voyage choc dans les ténèbres de la nuit, un scénario aussi haletant qu’effrayant.

« Foisonnant, provocateur, musical, drôle et trash,
avec des personnages déjantés… Accrochez-vous,
on ne lambine pas en chemin ! » Caryl Férey

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Issu du rock underground, Franco Mannara, auteur, compositeur, interprète et bidouilleur sonore, a construit un parcours atypique.

Fondateur du groupe Spoke Orkestra, qui se produit dans toute la France, il signe ici son premier polar, fortement inspiré de son univers musical.

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De cauchemar et de feu – Nicolas Lebel

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Sortie : le 3 mai 2017

Après avoir beaucoup apprécié son dernier polar « Sans pitié, ni remords », je dois vous dire que c’est avec un plaisir non dissimulé que j’ai retrouvé la verve et la plume de Nicolas Lebel dans son nouvel opus « De cauchemar et de feu ».

Aujourd’hui, Nicolas Lebel nous offre un polar entre passé et présent. Il nous explique de l’intérieur le conflit nord irlandais et nous entraîne dans une nouvelle enquête pour meurtre à Paris de nos jours.

L’HISTOIRE

Irlande du Nord, avril 1966 : nous sommes témoins de l’émergence d’un conflit en Irlande du Nord, entre les catholiques nationalistes minoritaires dans cette partie du pays et les loyalistes anglais. Un conflit qui durera trente ans.

Paris, mars 2016 : une personne apparentée au mouvement nationaliste irlandais, l’IRA (Armée Républicaine Irlandaise), est retrouvée assassinée dans un pub. Le capitaine Mehrlicht et son équipe composée des lieutenants Latour et Dossantos sont chargés de l’enquête. Ceux-ci doivent savoir rapidement s’il s’agit d’un règlement de compte ou d’une potentielle menace terroriste.

MON AVIS

Le fait d’aborder deux époques dans deux pays différents, en alternant les récits, m’a permis d’être totalement immergé dans l’histoire et d’avoir une réelle empathie pour les personnages passés et présents.

Mais l’intrigue est moins fluide et moins rapide que dans « Sans pitié, ni remords » qui se passait entièrement à Paris. C’est le revers de la médaille.

L’enquête pour meurtre à Paris m’a permis de renouer avec la vie personnelle du capitaine Daniel Mehrlitch qui vit seul avec son fils et de ses lieutenants Sophie Latour et Mickael Dossantos. Le passé de Dossantos va réapparaître pour son plus grand malheur. J’ai aimé revoir ces personnages qui restent attachants.

J’ai goûté avec délice l’humour de Nicolas Lebel, grâce au capitaine Mehrlicht, l’homme à la tête de grenouille, qui nous pond des fulgurances mémorables ! J’ai adoré le voir s’acharner contre sa nouvelle stagiaire, le lieutenant Reinier, fraîchement débarquée de sa province natale.

La partie en Irlande du Nord sur la vie des habitants m’a appris des choses. J’ai vu ces hommes, ses femmes et ses enfants en proie à un  dilemme intérieur : soit rester dans une manifestation pacifique face au pouvoir anglais ou rejoindre un groupe de résistance active contre l’armée anglaise.

J’ai beaucoup aimé le style de Nicolas Lebel qui sait adapter son langage aux époques et aux personnes. L’humour de l’auteur est toujours présent dans ses polars et j’espère qu’il perdurera. L’action et le suspense sont toujours là, rassurez-vous !

Pour conclure, je remercie l’auteur pour ce très beau polar nord irlandais dépaysant et enrichissant. Ce polar allie histoire et suspense et peu de gens peuvent se targuer de réussir un tel exploit.

4ème de Couverture

Paris, à quelques jours du dimanche de Pâques.

Un homme d’une soixantaine d’années est retrouvé assassiné dans un pub parisien, une balle dans chaque genou, une troisième dans le front. L’autopsie révèle sur son corps une fresque d’entrelacs celtiques et de slogans nationalistes nord-irlandais. Trois lettres barrent le haut de son dos : IRA. Le capitaine Mehrlicht fait la grimace. Enquêter sur un groupe terroriste en plein état d’urgence ne va pas être une partie de plaisir. Pourtant, le conflit irlandais semble bien s’inviter à Paris…Nicolas Lebel nous entraîne sur la piste d’un tueur pyromane, un monstre né il y a plus de quarante ans au cœur des violences de la guerre civile, qui vient rallumer les feux de la discorde dans les rues de la capitale.

BIOGRAPHIE

nicolas lebel2016Après quelques allers-retours aux quatre coins du globe, Nicolas Lebel est aujourd’hui enseignant dans un lycée de l’Est parisien.

Passionné de littérature et de linguistique, il publie en 2013 L’Heure des fous, puis Le Jour des morts (2014) et Sans pitié ni remords (2015), romans policiers caustiques où histoire, littérature et actualités se mêlent. Des romans noirs qui interrogent la société française contemporaine avec humour et cynisme, dont le ton est souvent engagé, et le propos toujours humaniste.

 

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